01.12.2020

La revanche des villes moyennes françaises où il est possible de changer de vie

C’est vrai, les villes françaises de taille moyenne surclassent les grandes villes, plombées par leurs prix immobiliers élevés.

Changer de vie en changeant de ville ! Plusieurs Français l’ont déjà fait lors du premier confinement causeé par la Covid-19 pour bénéficier d’une meilleure qualité de vie à égalité de revenus. Et pour certains, ce rêve s’est concrétisé par l’achat d’une maison plus grande (une pièce supplémentaire, un jardin, une terrasse ou un balcon, etc.) à quelques kilomètres de la vieille maison. Mais même quand ils n’achètent pas, il y a beaucoup de Français qui cherchent sur le web des villes où il fait bon vivre.

Lire aussi: Urban Land Institute: Emerging Trends in Real Estate: Europe 2021 – en bref

aix en provence - french cities promenade

Mulhouse, Aix-en-Provence et Lille

Selon les classements de Meilleurtaux, courtier en crédit immobilier, et Meteojob, site de recherche d’emploi, rapportés par Le Figaro, Mulhouse, Aix-en-Provence et Lille sont les trois villes (parmi les 30 plus peuplées) où il est agréable de déménager pour acheter une maison accessible, mais aussi pour trouver un emploi. Pour établir ce classement, le nombre d’emplois en CDI a été rapporté au nombre d’habitants et au pouvoir d’achat immobilier (à savoir, la surface pouvant être achetée avec un prêt hypothécaire de 200 000 euros sur 20 ans et basé sur le salaire médian de chaque ville).

Les grandes villes en sortent vaincues. Seules deux des dix villes françaises les plus peuplées figurent en fait dans le top 10.  Il s’agit de Lille (3ème) et de Strasbourg (10ème), qui se distinguent par un marché du travail dynamique (respectivement 1 et 0,8 offre en CDI pour 100 habitants) et un système universitaire de haut niveau qui attire un grand nombre d’étudiants. Cependant, ces deux villes, comme presque toutes les autres grandes villes, ont un faible pouvoir d’achat immobilier (environ 40 m²), en raison des prix élevés (3 500 et 3 660 euros par m² contre un prix moyen national d’environ 2 700 euros).

Le mécanisme ne peut être inversé : plus une ville est attrayante, plus les prix de l’immobilier augmentent et plus le pouvoir d’achat diminue. Cela explique les mauvaises performances des grandes villes au-delà des Alpes : 18ème Lyon, 20 ème Bordeaux, 28 ème Paris, 29ème Nice et Marseille dernière. Cela confirme, entre autres, que le bassin méditerranéen n’est pas nécessairement le « terrain de jeu » idéal pour ceux qui veulent combiner domicile et travail. Car il commence à être saturé en termes d’occupation et, par conséquent, enregistre des prix immobiliers qui, en fonction de la ville, sont proches de ceux de la Capitale.

mulhouse - french cities

Des prix bas, un pouvoir d’achat élevé (et vice versa)

Au contraire, lorsque le marché du travail est moins dynamique, plus les prix sont bas et plus le pouvoir d’achat est élevé. Cela explique pourquoi une ville comme Saint-Étienne est bien classée (5ème) alors que son offre en CDI n’est que 0,38 pour 100 habitants. Il en va de même pour Aix-en-Provence (2ème), malgré sa réputation de ville chère (4 145 euros le m²) qui, grâce à la connexion TGV (à seulement 3 heures de Paris), attire de plus en plus de travailleurs et, pour cette raison également, enregistre une hausse des prix au m².

Les 8 autres villes du top 10 ont également un bon rapport « immobilier/occupation ». C’est le cas à Mulhouse (0,84 offre en CDI pour 100 habitants et un pouvoir d’achat immobilier de 85 m²), mais aussi à Rouen (0,65 offre en CDI pour 100 habitants et 62 m²), Orléans (0,66% et 57 m²) et Metz (0,69% et 52 m²). En particulier, Rouen bénéficie de la proximité de Paris, grâce à la connexion directe du service ferroviaire.

La récente montée en puissance de Paris parmi les trois villes au coût de la vie le plus élevé au monde, avec Hong Kong et Zurich, selon une étude de The Economist, suggère que les villes de taille moyenne seront de plus en plus attractives pour les Français.