19.12.2022

Le PNRR et le secteur de l’immobilier

Ces derniers mois, on a beaucoup entendu parler du PNRR, un acronyme qui désigne le Plan national de relance et de résilience, le programme d’investissement que l’Italie, dans le cadre européen et dans le contexte des mesures économiques identifiées comme une réponse à la crise économique pandémique par le Covid 19, met aujourd’hui en œuvre.

Le plan national de relance et de résilience

Le PNRR est un ensemble de mesures structurées en six missions, elles-mêmes divisées en composantes, totalisant plus de 190 milliards d’euros d’investissements au niveau italien, dans des domaines allant de l’administration publique à la justice, mais en particulier la promotion de la numérisation et de la transition écologique. Il s’inscrit dans le contexte de l’UE nouvelle génération (NEU – également connu sous le nom de Fonds de relance), qui n’est autre que le plan de 750 milliards d’euros mis en place par la Commission européenne pour soutenir les États membres dans leur redressement post-pandémie.

Deux instruments font partie de ce plan : le mécanisme de redressement et de résilience (RRF) et le plan d’aide au redressement pour la cohésion et les territoires européens (REACT-EU). Le PNR (plan de redressement et de résilience) n’est rien d’autre que le document exigé par la Commission européenne de chacun des États membres pour accéder aux fonds du mécanisme de redressement et de résilience (RRF).

L’UE nouvelle génération repose sur trois axes stratégiques, à savoir la transition numérique et l’innovation, la transition écologique, l’inclusion sociale et le rééquilibrage territorial. Plus précisément, d’ici 2026 et dans le cadre des trois domaines d’intervention, le gouvernement entend:

  • Accélérer le processus d’innovation et de numérisation aux niveaux public et privé.
  • Réduire les émissions nocives pour prévenir et combattre les perturbations territoriales
  • Favoriser le développement du sud de l’Italie, l’emploi (notamment des jeunes) et l’entrepreneuriat féminin, améliorer la cohésion territoriale en luttant contre la discrimination de genre.

Parmi les six missions, la mission 1, et notamment « M1C3 – Tourisme et culture 4.0 », prévoit des investissements d’un montant de 6,68 milliards, destinés notamment à la « Protection et mise en valeur de l’architecture et du paysage rural ».

Le PNRR et son impact sur le monde de la construction

Dans le contexte des industries motrices, le secteur du bâtiment et de la construction est historiquement un moteur de l’économie d’un pays, comme c’est le cas en Italie. D’autre part, le patrimoine bâti constitue l’une des principales sources de pollution, avec les moyens de transport et les installations industrielles : la consommation des bâtiments contribue à environ un tiers du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

L’innovation dans le monde de la construction, du bâtiment et des installations connexes joue donc un rôle crucial dans la réalisation des objectifs fixés par le PNR, notamment celui de réduire les émissions nocives.

Dans le cadre des mesures du plan, on estime donc que les dépenses d’investissement dans le secteur de la construction et du bâtiment représenteront plus de 30% des ressources totales mises à disposition par le PNRR, soit la part la plus élevée, à tel point que l’on peut dire que le secteur de la construction sera le bénéficiaire de toutes les mesures attribuables aux six missions du plan.

Les mesures mises à disposition dans le PNRR pour le monde de la construction et du bâtiment.

Dans le détail, le PNRR prévoit des investissements spécifiques dans l’efficacité énergétique des bâtiments. Dans le premier domaine « numérisation, innovation, compétitivité et culture », par exemple, il est prévu d’améliorer l’efficacité des bâtiments publics tels que les cinémas, les théâtres et les musées ; dans le second domaine, celui de la « révolution verte et de la transition écologique », l’amélioration énergétique des bâtiments bénéficiera de plus de 11 milliards d’euros, répartis entre le remplacement et l’amélioration des bâtiments scolaires, l’amélioration de l’efficacité des bâtiments judiciaires et, enfin, les mesures de soutien à la construction civile, par le biais d’instruments tels que l’écobonus à 110 %, le sismabonus, etc.

D’importants investissements sont également prévus dans le domaine de l’éducation et de la recherche : parmi ceux-ci, ceux qui sont consacrés au renforcement des infrastructures sportives et scolaires, à la construction de logements pour étudiants, à l’inclusion et à la cohésion sociales et, en général, à tous les instruments visant à la régénération urbaine, par la construction de nouveaux logements sociaux et le réaménagement des logements existants.